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Juriste en droit de l'animal .Coordinateur de EGALS (Educational Group for Animal Law Studies- http://egals.university/).Chargé d'enseignement en droit de l'animal /Université de Strasbourg. Membre du Steering Committee du GAL Project(https://www.globalanimallaw.org/interviews/jean-marc-neumann.html)

mercredi 11 janvier 2017

Demain à l'Assemblée nationale : examen de la proposition de loi sur l'abattage de Olivier Falorni / Appel aux députés !

Demain jeudi 12 janvier, l'Assemblée nationale se penchera à nouveau sur la proposition de loi déposée par Olivier Falorni (ex-président de la commission d'enquête sur l'abattage) amputée au mois de décembre par la commission des affaires économiques de deux mesures phares: l'installation de caméras de surveillance et la visite inopinée de parlementaires dans les abattoirs.
Entre temps, diverses associations (dont CIWF et L214) ont lancées des pétitions et modèles de lettres à envoyer à nos députés en faveur de la pose de caméras de surveillance, cette mesure étant plébiscitée par le grand public à plus de 85 %...
Nous verrons demain de quelle manière les représentants du peuple que sont les députés seront attentifs ou non à cette demande.
Je tiens à faire remarquer une fois de plus que les arguments soulevés pour s'opposer à l'installation de caméras ("fliquage" des salariés et coûts) ne sont pas sérieux. En effet, de nombreux salariés sont, dans leurs activités quotidiennes, surveillés par caméras vidéo sans que cela ne pose de problèmes majeurs (de surcroît et de mon point de vue ce serait au contraire plutôt une bonne chose pour les salariés dont les "mauvaises" conditions de travail-cadences élevées- seraient filmées)  et par ailleurs les coûts de caméras sont modiques (env.800  euros par caméra soit environ 3000 euros au total pour un abattoir).
Contrôler la façon dont des "êtres sensibles" sont abattus me parait être une évidence et une exigence morale.
Compter sur les vétérinaires pour s'assurer de la qualité de l'abattage relève du doux rêve...en effet, les vétérinaires ne voient que rarement quelque chose, plus occupés à contrôler les aspects sanitaires de la viande que le bien-être des animaux...Et les contrôles des services de l'état ne sont pas davantage efficaces...rappelons que le fonctionnement de l'abattoir de Limoges avait été jugé globalement satisfaisant avant que n'éclate le scandale de l'abattage des vaches gestantes dénoncé par l'un des opérateurs et L214.
Les arguments soulevés semblent plutôt montrer la frilosité de la filière dont les députés se font l'écho et surtout, me paraissent être totalement contre-productifs. Si le but poursuivi par les promoteurs de cette opposition est de continuer à faire comme avant dans la plus grande opacité il risque fort de se heurter à la poursuite de la diffusion de vidéos montrant des abus inadmissibles.
En fait, refuser les caméras c'est encourager la poursuite de ce que les anglo-saxons appellent les "undercover investigations" c'est à dire le tournage en caméra cachée d'images prise "illégalement" dans les abattoirs...
En somme, les députés qui s'y opposent contribuent sans le savoir à produire un effet contraire à celui poursuivi ;par leur attitude rétrograde,ils ne feront qu'alimenter les activités des associations protectrices des animaux dont notamment L214 et favoriser encore plus la baisse de la consommation de viande .
La France est tout de même un pays étrange; au Royaume-Uni, l'installation de caméras de surveillance n'est pas obligatoire et pourtant 80% des abattoirs en sont dotés. Cela pose t-il problème ? non. En Israël des caméras de surveillance sont installées depuis 2016 et ne semblent pas davantage poser problème. En France, nous cultivons le secret et ce, dans de nombreux domaines. Est-ce productif ? non .
Il est grand temps que nos politiciens se réveillent et évoluent .Les députés sont élus et payés pour représenter leurs électeurs et non des lobbys.
Les députés ont voté en 2015 une loi qui reconnaît la sensibilité de l'animal dans le code civil.Ils doivent donc être cohérents et défendre en permanence la sensibilité de l'animal, à défaut de quoi cette reconnaissance de la sensibilité de l'animal ne serait que pure cosmétique et vidée de tous sens.
C'est également une insulte aux électeurs qui ont élu des députés censés défendre leurs intérêts et conception de la vie en société; par le mépris accordé aux 85 % des sondés favorables à la pose de caméras de surveillance, les députés ne font que creuser encore davantage le fossé entre le peuple et ses élus et accroître leur désintérêt à l'égard de la vie politique.
Je demande donc aux députés de se ressaisir demain et de réintroduire cette mesure symbolique mais nécessaire, et ce, dans l'intérêt de tous, animaux d'abord, citoyens et même la filière viande qui ne peut que perdre en restant opposée aux caméras.

Si vous voulez adresser une lettre à vos députés voici un site proposant un modèle de lettre à envoyer électroniquement :

https://www.ciwf.fr/actualites/2017/01/abattoirs-la-videosurveillance-doit-etre-votee

http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/respect_animal_abattoir.asp